Apprendre à dessiner : talent ou travail ?

Oui, mais toi tu as du talent… moi, je ne sais pas dessiner !

C’est ce que beaucoup d’entre nous disons lorsque nous voyons quelqu’un qui, en quelques traits de crayon, fait apparaître devant nos yeux ébahis un dessin magnifique… C’est sûr, nous n’arriverons jamais à dessiner comme ça !

Vraiment ? Alors, dessiner : talent ou travail ?

Talent : Disposition naturelle ou acquise pour réussir quelque chose (Petit Robert 2015)

Faut-il être talentueux pour apprendre à dessiner ?

La réponse est : non !

Je m’explique. Tout le monde peut apprendre à dessiner, mais nous ne partons pas sur un pied d’égalité. Certains ont un don naturel pour le dessin, d’autres pas.

Ce “don naturel” ne l’est peut-être pas tant que ça d’ailleurs… c’est un sujet controversé. Les enfants doués pour le dessin le sont-ils par nature ? Ou sont-ils doués parce que leurs parents les ont encouragés à dessiner ? Parce que l’enfant a préféré dessiner plutôt que jouer dehors et a donc plus pratiqué que celui qui passe son temps à faire du foot ?

Peu importe finalement. Le fait est que nous ne partons pas tous du même point.

Les “doués” partent avec une longueur d’avance, mais sans travail et sans entraînement, ils ne dépasseront pas un certain niveau. Le talent stagne si on ne le développe pas.

Les “moins doués”, eux, doivent se mettre à travailler dès le départ. Mais est-ce vraiment un problème ? Sachant que la clé dans l’apprentissage de n’importe quelle compétence est l’entraînement, prendre directement l’habitude de l’effort et de la discipline me paraît plutôt un bon point !

Quand à ceux qui auront la chance d’être à la fois talentueux et travailleur, c’est le jackpot ! Tant mieux 🙂

 

 

La théorie des 10’000 heures

K. Anders Ericsson, un psychologue suédois, a mis en place la théorie suivante : pour atteindre l’excellence dans un domaine il faut au moins 10’000 heures de pratique.

Avec des collègues de l’Académie de musique de Berlin, Anders Ericsson s’est intéressé à un groupe de violonistes ayant tous commencé à jouer du violon à l’âge de 5 ans. Certains pratiquent intensivement et atteignent les 10’000 heures de pratique à 20 ans. Un deuxième groupe arrive à 8’000 heures et un troisième groupe à 4’000 heures. Et devinez quoi ? Les musiciens du premier groupe ont fait des carrières de type soliste international, ceux du deuxième groupe sont devenus des musiciens de bon niveau, et les derniers sont restés simples amateurs.

Des études similaires ont été menées sur des sportifs, des romanciers, des joueurs d’échecs, etc, et ce même nombre de 10’000 heures de pratique revient régulièrement.

Bien sûr, nous ne voulons pas tous devenir des “maîtres” dans un domaine et consacrer autant de temps à une discipline. Mais ces études montrent que le travail est la clé de la progression et de la réussite.

Sortir de notre zone de confort

Toujours selon Anders Ericsson, le point crucial est ce qu’il a appelé la “pratique délibérée“. Le travail est important, oui. Cependant, répéter de multiples fois les choses que nous savons déjà faire est peut-être satisfaisant, mais cela ne va pas nous faire progresser. Nous devons sortir de notre zone de confort et nous lancer dans des actions qui dépassent nos capacités actuelles.

Simplement désirer s’améliorer n’est pas suffisant non plus : nous devons faire un plan et définir des buts pour progresser. Il nous faut également demander l’aide de personnes plus qualifiées que nous qui vont jouer le rôle d’enseignants et nous aider à atteindre ces buts.

Échouer et recommencer

Bien sûr, nous n’apprendrons pas à dessiner sans faire d’erreur, sans rater un dessin. Pour ceux qui n’ont pas de talent particulier au départ, nos premiers dessins nous sembleront moches et sans intérêt… Mais cela n’a aucune importance ! Lorsque nous avons appris à écrire étant petits, nous avons tous commencé par tracer des lettre difformes. A force d’exercice, nous avons finalement réussi à produire quelque chose de lisible et d’harmonieux, même si chacun garde son style. Il en est de même pour le dessin.

Gardons nos dessins et regardons-les de temps en temps pour mesurer nos progrès. Il est souvent difficile de se voir progresser de jour en jour, mais un petit retour en arrière de quelques mois, voir de quelques années, fait des miracles !

 

 

Trouver notre propre petit bout de talent

Et le mot talent, n’est-il pas trop simpliste ? Nous pouvons être plus ou moins talentueux dans tel ou tel aspect de notre pratique, en fonction de notre sensibilité, de notre caractère. Certains auront un sens inné des couleurs, d’autres auront une créativité sans limite, un sens de l’observation très fin ou une minutie dans les détails. Chacun a son propre petit bout de talent, peut-être même sans le savoir ! En apprenant et en pratiquant, nous pouvons découvrir quelles sont les forces sur lesquelles nous pourrons nous appuyer et quelles sont les faiblesses que nous devrons davantage travailler.

Un peu comme en sport. Dans certaines disciplines, il vaut mieux avoir de long bras, ou une corpulence fine, ou au contraire une facilité à prendre des muscles. Souvent, les sportifs deviennent très bons dans le sport auquel leur corps les prédestine. Mais on trouve aussi des contre-exemples de personnes qui, à force de travail et de discipline, se hissent au meilleur niveau alors que personne n’aurait parié sur eux. Et de toute façon, prédestiné à un sport ou pas, tous les athlètes de haut niveau sont d’infatigables travailleurs !

Appuyons-nous donc sur nos forces, mais continuons à les développer sans cesse. Et travaillons sur de nouvelles compétences.

Le succès est une goutte de talent dans un océan de travail.

Avoir envie

Saviez-vous qu’à une certain époque, le mot “talent” voulait dire “envie” ou “désir” ? Parfois l’étymologie fait du bien ! Le plus important n’est-il pas d’avoir envie ? L’envie et la motivation sont les qualités qui nous permettront d’appliquer ce que nous avons vu ci-dessus : la pratique délibérée.

L’envie se cultive également en prenant plaisir à ce que nous faisons. Notre but n’est pas de devenir le prochain Léonard de Vinci. Le plus important est d’avoir du plaisir en dessinant et de regarder ce que nous faisons avec fierté, peu importe l’avis des autres.

Ma génétique…

Bon, autant vous le dire tout de suite, je ne suis pas le genre de personne à qui on dit spontanément “ah, mais qu’est-ce que tu es douée !” quand il s’agit de dessiner… Je me suis débrouillée dans mes années d’école pour ne pas faire trop mauvaise figure aux cours de dessin, mais sans plus.

Alors voilà, je fais partie de ceux qui vont devoir travailler ! Certains disent que le talent est génétique… et pourtant ma famille comporte des peintres, graveurs, potiers, dessinateurs. Mon meilleur exemple est ma grand-mère dont les peintures et les poteries décorent aujourd’hui mon appartement. Elle n’est plus là pour assister à mes débuts de dessinatrice, mais d’où elle est, je suis sûre qu’elle m’encourage.

Et vous, vous êtes plutôt talentueux ou travailleurs ? Dites-le moi en commentaire !

 

PS : pour découvrir comment j’ai décidé de me mettre au travail, découvrez ici mon défi de l’été : 7 dessins en 7 semaines pour progresser dans le dessin de nature !

Un Commentaire

  1. Je suis moyennement travailleuse par manque de temps, mais pas par manque de motivation ! Ah, temps quand tu nous tiens…

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